Home 9 Interview 9 L’expérience du Dr. Nicolas Delalande avec EQUISYM

Nous avons eu la chance d’échanger avec le docteur Nicolas Delalande, vétérinaire équin spécialisé en locomotion. Découvrez, à travers cet échange enrichissant, comment le Dr. Delalande intègre et utilise EQUISYM dans son quotidien, et comment ces nouvelles technologies vétérinaires peuvent impacter positivement la pratique vétérinaire.

Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Bonjour, je suis Nicolas Delalande, vétérinaire. J’ai été diplômé de l’école de Nantes en 2001 et je suis installé en Touraine depuis 2005. J’exerce dans une clinique qui fait maintenant partie du groupe Sevetys. Notre équipe est composée de 5 vétérinaires, et de mon côté je fais quasiment plus que du locomoteur, depuis environ 10 ans. Durant mon cursus, j’ai eu la chance de croiser de grands vétérinaires réputés en locomoteur, qui m’ont appris pleins de choses et ouvert les yeux sur cette discipline. J’ai également suivi l’intégralité du cursus de l’ISELP organisé par le professeur Denoix. 

Ce qui m’attire particulièrement dans le locomoteur c’est d’abord le cheval de sport, il y a un côté d’enquête, chercher à savoir exactement ce qui gêne le cheval ou le couple cavalier/cheval. Ce qui me plait c’est d’essayer de trouver, de poser un diagnostic le plus précis possible et donner des solutions à ces couples pour qu’ils vivent mieux leur vie équestre et qu’ils soient performants.

Côté clientèle, nous suivons essentiellement des chevaux de sport – CSO, CCE et dressage – de niveau amateur jusqu’à Grand National en CSO, 5* en CCE et Grand Prix Pro Elite en dressage.

Comment avez-vous entendu parler d’Arioneo ?

Depuis quasiment toujours je suis à l’affût de ce qui peut se faire et/ou se dire en locomoteur. J’étais à la recherche d’un outil pour pouvoir objectiver les boiteries, et un jour j’ai vu une publication Facebook d’Arioneo, présentant EQUISYM. J’ai ensuite contacté l’équipe Arioneo assez rapidement.  

Quels enjeux et objectifs vous ont conduit à investir dans une solution telle qu’EQUISYM ?

Les sports équestres sont quasiment un des derniers sports à ne pas avoir de données objectives, et c’est vraiment intéressant pour moi. J’ai été très marqué par un colloque de l’ISELP qui s’est déroulé en Hollande durant lequel le professeur Denoix nous avait montré une boiterie subtile postérieure. Un tiers de la salle l’avait noté grade 1 ; un tiers grade 2 et un tiers grade 3, alors que nous étions près de 100 vétérinaires spécialisés en locomotion. L’évaluation visuelle est très importante et essentielle, mais avoir des données objectives c’est encore mieux. 

Quels étaient vos critères de sélection ?

Je fais quasiment que de l’itinérance. Les chevaux que je vois clinique viennent seulement pour des examens très spécifiques (radios cervicales, dos, épaule – échographies de bassin – infiltrations cervicales, épaule bassin, coxo fémorale). 

Je souhaitais donc un outil qui objective les données de locomotion et qui soit pratique, car sur terrain nous avons peu de temps, et il faut un système facile à installer, fiable dans les données collectées tout en étant facile à interpréter. Si on est obligé de se poser une heure pour interpréter les données, cela devient un peu plus compliqué.

Comment s’est passé l’apprentissage de l’analyse de données ? 

L’apprentissage s’est relativement bien passé. C’est vrai que pour les 10 ou 15 premiers cas on est un peu perturbé par les informations qu’on obtient, et qu’il faut pouvoir interpréter. Je pense avoir monitoré une quarantaine de cas maintenant, et avec du recul, ma méthodologie pour regarder et suivre les chevaux va certainement un peu changer. 

equisym

Comment utilisez-vous le système au quotidien ?

Pour le moment je ne l’utilise pas systématiquement, mais ce n’est pas dit que ce ne soit pas le cas dans le futur. Je l’utilise essentiellement sur des chevaux d’un certain niveau ; sur des chevaux d’amateurs éclairés qui sont demandeurs d’un suivi un peu pointu, sur des boiteries postérieures subtiles, des chevaux contre-performants ou encore pour des cavalier/es qui rencontrent certains problèmes sous la selle. 

Plus concrètement, je l’ai utilisé sur un cheval que j’avais arrêté pour un problème de suspsenseur postérieur. À l’écho c’était toujours gros et on souhaitait savoir s’il pouvait à nouveau sauter un peu plus fort, donc l’a monitoré. On a pu vérifier qu’il avait une bonne mise en charge et une bonne propulsion verticale, et il a donc recommencé de manière plus importante.

Comment EQUISYM vous a-t-il aidé ? Pourriez-vous nous donner un ou plusieurs cas concrets ?

Il y a un cas qui m’a vraiment bluffé la semaine dernière : un cheval de dressage, que la cavalière trouvait un peu moins bien. À l’examen dynamique j’ai observé une importante surcharge de l’antérieur gauche, vraiment très marqué – 2 à 3 sur 5 – et pour moi c’était évident qu’il s’agissait d’une boiterie AD. J’avais également vu que le PD n’allait pas, notamment à l’examen physique, car il y avait un épaissisement d’une branche du suspenseur. Les données EQUISYM n’indiquaient absolument rien d’anormal sur l’AD, mais un très gros défaut de mise en charge et de propulsion du PD. Sans les données, je me serais lancé dans de l’imagerie voir des anesthésies diagnostiques de l’AD, comme il n’y avait rien j’aurais fini par remonter très haut sans forcément trouver une explication pour cette potentielle boiterie AD. EQUISYM a été très bénéfique, puisque je me suis directement focalisé sur le PD.

Le diagnostic était le suivant : épaississement de la région proximale du suspenseur ; épaississement de la branche médiale du suspenseur et les deux ligaments collatéraux du boulet très abîmés. 

J’ai également eu un très bon cheval de 6 ans, destiné à faire du haut niveau, qui a un fragment plantaire dans un boulet postérieur. Je le connais depuis qu’il a 3 ans car j’ai fait son bilan de sortie d’élevage et de détection des affections ostéo articulaires juvéniles. Depuis ses 3 ans, on se questionne sur une potentielle opération, ou non. Avec EQUISYM, on s’aperçoit qu’il n’a pas de problème de mise en charge ou de propulsion verticale sur ce postérieur. Le cheval va très bien, il poursuit sa carrière sportive sans être opéré. Nous allons effectuer un suivi longitudinal très régulier de ce cheval. Bien évidemment, si on voit une anomalie apparaître sur ce postérieur, on réévaluera la question autour de l’opération.  

Utilisez-vous EQUISYM sur des chevaux montés ? 

Je pratique moins régulièrement l’examen monté avec EQUISYM, mais tout de même plus souvent que l’examen monté que je pouvais intégrer avant dans ma pratique. 

Je l’ai utilisé notamment sur une jument de dressage de bon niveau, qui allait moyennement. Durant l’examen la jument était plutôt pas mal, à l’examen monté en extensions d’encolure elle était un peu moins bien mais ça allait encore. En revanche, au trot assis et en attitude de présentation, les données ont montré une perte significative de la propulsion verticale. À l’avenir j’aimerais essayer d’analyser des données, notamment pour les chevaux de dressage, sur des mouvements types épaule en dedans, appuyer, passage et piaffer.

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Comment l’intégrez-vous à votre activité vétérinaire ? 

La facturation a été une grande question, sur laquelle je n’ai d’ailleurs pas tout à fait tranché. Arioneo m’a proposé un Business Plan avec des forfaits, ce qui ne me paraissait pas forcément adapté à ma clientèle. J’ai donc augmenté le prix de mes examens intégrant EQUISYM et l’analyse qui va derrière. Puis il y a un pourcentage de réduction dans le cas où je vois à nouveau le cheval pour un suivi. 

Quels sont les retours de votre clientèle à propos d’EQUISYM ?

Pour le moment le retour est très positif, que ce soit au niveau des amateurs ou des professionnels. Globalement tous les clients sont focalisés sur le bien-être des chevaux et la performance, donc tout cela va dans ce sens là et très bien accueilli. Je leur montre les courbes et leur explique.

Que pensez-vous de l’intégration des technologies dans le monde de la santé équine ?

L’intégration c’est le sens de l’histoire, c’est peut être un mot un peu fort, mais la médecine vétérinaire à tout le temps intégrer des nouvelles technologies : l’échographie, les radios, le numérique… Aujourd’hui, pouvoir avoir des données et se faire une base à partir de tous les cas qu’on voit c’était devenu indispensable. Ça fait 15 ans que les rugbymans ou que les footballeurs s’entraînent et jouent leur match avec des capteurs, on était quasiment le seul sport à ne pas avoir optimiser l’utilisation des données, donc ça va dans le bon sens !

Mots-clés : Nicolas Delalande, Sevetys, EnvA, CIRALE, dressage, vétérinaires équins, quantification de la locomotion, locomotion équine, asymétries locomotrices