Home 9 Bien-être 9 Pieds nus vs. pieds ferrés, quelle influence sur la locomotion ?

Le débat entre pieds nus et pieds ferrés est ancien mais toujours d’actualité. Il oppose des considérations pratiques, comme la performance et la protection sur sol dur, aux enjeux de santé et de bien-être.

Le sabot du cheval est une structure biologique vivante en croissance continue. À chaque foulée, il subit des forces mécaniques considérables.

Il est donc essentiel de comprendre comment le port de fers, ou le pied nu, influence la morphologie et la biomécanique du cheval. Ces impacts conditionnent directement la santé orthopédique à long terme. Ces connaissances permettent de prendre des décisions éclairées pour le parage et l’entretien des sabots. Plusieurs études fournissent des données quantifiées sur ces effets, sur lesquelles cet article s’appuie.

Au programme de cet article :

  1. Quels sont les effets du ferrage sur la morphologie du sabot ?
  2. Quelles conséquences sur la biomécanique et la locomotion ?
  3. Interprétation : Pieds nus / pieds ferrés, avantages et inconvénients selon l’objectif – l’apport d’EQUISYM®
  4. Quelles sont les limites des connaissances actuelles sur le ferrage ? 
  5. Vers de nouvelles alternatives : l’approche Blue Shoes

Quels sont les effets du ferrage sur la morphologie du sabot ?

En podologie équine, une question centrale se pose : comment l’interface entre le pied et le sol influence-t-elle la structure de la boîte cornée ? On pourrait émettre l’hypothèse que le fer en tant qu’exosquelette rigide, figerait le pied dans une forme constante. Pourtant, les données cliniques révèlent une réalité plus complexe. Le ferrage ne se limite pas à un rôle de protection. Il redirige activement les forces de croissance et les mécanismes de déformation du sabot.

Changement de forme 

Mesures prises au niveau du sabot

Mesures prises au niveau du sabot

Selon l’étude de Malone et al. (2019), menée sur 11 chevaux, cette dynamique est désormais mieux comprise. En seulement sept semaines, des changements notables apparaissent sur la boîte cornée, notamment :

  • Au niveau de la couronne : la circonférence proximale du sabot a tendance à rétrécir naturellement, mais ce phénomène est significativement plus important avec des fers. Cela suggère que la rigidité du fer à la base du sabot limite l’élargissement et que cette contrainte se répercute, par continuité structurelle, jusqu’en haut du pied.
  • Sur l’angle du sabot (le profil) : sans fer, le pied a tendance à se redresser légèrement (l’angle augmente). À l’inverse, chez le cheval ferré, le sabot a tendance à s’incliner davantage. Le fer modifie donc l’équilibre du pied, rendant souvent le profil du sabot plus fuyant au fil des semaines.
  • Du côté de la largeur du pied (périmètre de la sole) : c’est le changement le plus flagrant. Pied nu, la circonférence de la sole augmente significativement : le sabot gagne en mobilité transversale et s’étale sous la charge. Sous un fer, ce périmètre diminue.

Il est intéressant de noter que si le pied s’élargit, sa surface totale (l’aire de la sole) ne change pas de façon significative. Cela prouve que le pied nu gagne en souplesse et en capacité d’étalement, plutôt qu’en volume de corne pur.

  • Avec l’évolution de la longueur de la sole : l’étude montre une tendance à la diminution de la longueur solaire chez les chevaux pieds nus, bien que ce résultat ne soit statistiquement significatif que sur l’un des membres antérieurs. Cette observation illustre le processus d’usure fonctionnelle au contact du sol, un mécanisme naturel de régulation que le fer vient interrompre. Toutefois, la variabilité de ces résultats entre les membres rappelle que l’usure dépend de nombreux facteurs (symétrie locomotrice, nature du sol, activité).

Que tirer de ces changements ?

Ces changements suggèrent que le port de fers modifie la « croissance / usure » naturelle du sabot. Et ce, probablement en limitant l’usure de la paroi, en modifiant la façon dont le sabot se déforme sous la charge et en réduisant l’expansion de la sole.

Au-delà de ces évolutions visibles de la boîte cornée, la modification de la forme du sabot a des répercussions directes sur la gestion des chocs et des pressions internes. Comme le démontre “l’étude bibliographique et expérimentale de l’effet de l’amortissement des fers sur la locomotion et la prévention des affections locomotrices chez le cheval de sport” de Raymond Pujol (2016), le ferrage ne se limite pas à une protection de la paroi ; il redéfinit la manière dont l’énergie de l’impact est dissipée

En modifiant l’amortissement et la répartition des contraintes, le port de fers impose aux structures internes des adaptations spécifiques sur le long terme. Pour le cheval de sport, ce phénomène est loin d’être anodin : une gestion précise de ces pressions devient un levier essentiel dans la prévention des affections locomotrices chroniques. Cette perspective souligne que chaque choix de ferrure ou de parage est une décision thérapeutique et préventive qui influence directement la longévité de l’appareil locomoteur.

Ces observations sont complétées par les travaux de Chateau et al. (2005), qui démontrent que la ferrure, en modifiant l’interface avec le sol, influence directement la biomécanique des articulations digitales (boulet, paturon, couronne). Le choix du ferrage agit ainsi sur les sollicitations ligamentaires et tendineuses.

En résumé, le ferrage et le pied nu ne sont pas neutres : chacun influence la forme et, par extension, la fonction du sabot. Passer d’une modalité à l’autre demande donc d’anticiper ces remodelages pour préserver l’intégrité locomotrice du cheval athlète sur le long terme.

Que signifie une morphologie différente ?

Ces altérations de la forme du sabot, loin d’être uniquement esthétiques, impactent directement la mécanique interne du membre :

  • Un angle de sabot plus « plat » ou moins dorsal (souvent observé chez un cheval ferré) modifie la dynamique de l’impact et déplace le centre de pression. Ce basculement vers l’arrière augmente le bras de levier dorsal, ce qui retarde le moment de bascule. Il en résulte une tension accrue sur le tendon fléchisseur profond du doigt et une charge plus importante sur les articulations distales et l’appareil podotrochléaire (lié au syndrome naviculaire).

La diminution plus marquée de la circonférence proximale (couronne) sous le fer témoigne d’une restriction de l’expansion globale du sabot. En limitant cette déformation naturelle sous la charge, on altère la capacité du pied à dissiper l’énergie de l’impact, augmentant ainsi les vibrations transmises au reste du membre.

image légendée de l'anatomie du pied du cheval

Anatomie du pied du cheval 

  • À l’inverse, un sabot pieds nus bénéficie d’une stimulation directe de la sole et de la fourchette. Cette interaction avec le sol favorise le mécanisme de « pompe plantaire », essentiel non seulement pour la circulation sanguine, mais aussi pour la proprioception (la perception du cheval de ses propres appuis). Le contact des structures postérieures (talons/fourchette) avec le sol permet une répartition des forces plus physiologique.

Comme le soulignent Proske et al. (2017), un parage régulier visant le maintien du pied nu entraîne des ajustements structurels durables : raccourcissement des parois, abaissement des talons et recul de la pince. Ces modifications ne sont pas de simples réductions de corne ; elles réorientent l’angulation globale du pied, permettant un fonctionnement articulaire plus naturel et une meilleure répartition des charges de compression.

Quelles sont les conséquences sur la biomécanique et la locomotion?

Morphologie du sabot et dynamique de la locomotion sont étroitement liées. Plusieurs études ont cherché à quantifier l’impact du pieds ferrés ou du pieds nus sur la démarche.

Cheval ferré vs pieds nus : ce que dit la biomécanique du pied

L’étude “A preliminary case study of the effect of shoe‑wearing on the biomechanics of a horse’s foot”, de Panagiotopoulou et al. (2017) compare un cheval d’abord ferré puis pieds nus lors de 4 types de mesure différents. Résultats principaux :

  • Les forces exercées sur le sol, aussi bien vers le bas que d’avant en arrière, sont presque les mêmes chez le cheval ferré et le cheval pieds nus.

     

  • Toutefois, au milieu de la phase d’appui, la force verticale est environ 10 % plus élevée chez le cheval ferré que chez le cheval pieds nus.

  • Les mouvements des articulations restent globalement les mêmes, que le cheval soit ferré ou pieds nus.

     

  • Enfin, l’analyse par éléments finis montre que le port de fers pourrait augmenter la concentration de stress dans les os distaux du pied (phalanges). Même si l’étude ne tire pas de conclusions fermes (un seul échantillon et modélisation ne prenant pas en compte les tissus mous), c’est un signal d’alarme potentiel. 

En résumé : si la démarche globale ne semble pas radicalement transformée – du moins au pas lent et dans le cadre spécifique de cette étude portant sur un échantillon limité – le port de fers modifie subtilement l’équilibre des forces et la distribution des charges. Bien que ces résultats gagnent à être confirmés sur des cohortes plus larges et à des allures plus soutenues, ils suggèrent que la ferrure induit des contraintes internes différentes sur les structures osseuses du pied, ce qui pourrait influencer la santé articulaire sur le long terme.

Étude sur les foulées en fonction des surfaces et du type de fer

Si nous avons vu que le ferrage modifie la forme du pied, la question se pose autour du mouvement pur. Une étude récente “Comparison of Gait Characteristics for Horses Without Shoes, with Steel Shoes, and with Aluminum Shoes” de Gottleib et al. (2025) a comparé la locomotion de 12 chevaux au trot, alternant entre pieds nus, fers en acier et fers en aluminium, sur différents sols.

Les résultats soulignent la remarquable capacité d’adaptation du cheval. En effet, aucune différence significative n’a été détectée entre ces trois conditions concernant la symétrie de la locomotion, la longueur des foulées ou le cadencement (durée des phases de soutien et de balancement). Cela suggère que, sur un cheval sain, le système nerveux central compense les variations de poids pour maintenir une démarche régulière.

En revanche, l’étude note que la hauteur de l’arc du sabot varie selon le type de fer. Sur les deux types de sol :  

  • Le type de fer modifie la hauteur de l’arc, c’est-à-dire la hauteur à laquelle le cheval lève son pied. Au début de la phase de balancement, l’arc est plus bas avec l’aluminium qu’avec l’acier. 

  • En fin de foulée sur sol mou, la tendance s’inverse avec une élévation plus marquée pour l’aluminium.

Ces observations démontrent que le poids ajouté à l’extrémité du membre influence directement l’inertie et la trajectoire du sabot pendant que le pied est en l’air. Si ces variations sont techniquement mesurables, des recherches complémentaires restent nécessaires pour déterminer si ces micro-changements modifient la démarche perçue.

Impact de la ferrure sur l’expansion des talons et le mouvement de la fourchette

La capacité du sabot à s’évaser à l’appui, particulièrement au niveau des talons, est un mécanisme fondamental de dissipation de l’énergie. L’étude, “Can the hoof be shod without limiting the heel movement? A comparative study between barefoot, shoeing with conventional shoes and a split‑toe shoe”  de Brunsting et al. (2019) confirme que le ferrage dit “traditionnel” restreint significativement cette expansion par rapport au pied nu. Fait intéressant, l’utilisation de ferrures innovantes, comme les fers à pince fendue (split-toe), semble offrir une souplesse intermédiaire, se rapprochant davantage de la physiologie du pied libre.

fer à cheval classique
fer à cheval split toe ou pince fendue

Fer classique / Fer à pince fendue

Cette réduction du mouvement des talons n’est pas sans conséquence. Elle altère les fonctions vitales du sabot : l’absorption des chocs est diminuée, la pompe sanguine est moins sollicitée et la répartition des forces lors de l’impact est modifiée. À long terme, ce manque de stimulation peut fragiliser les tissus profonds, notamment le coussinet plantaire, comme le souligne le guide technique de l’IFCE, qui insiste sur la nécessité d’adapter le parage et la ferrure pour préserver cette locomotion fonctionnelle.

Ces résultats suggèrent que le ferrage, en modifiant la morphologie du sabot et la répartition des forces, pourrait réduire la capacité d’absorption des chocs par le sabot lui-même, augmentant la charge sur les articulations ou les tendons. Cela peut favoriser l’inflammation, l’enflure, voire des pathologies à long terme (tendinites, arthroses, etc.).

Les répercussions d’un ferrage permanent ne s’arrêtent pas à la boîte cornée, elles s’étendent à l’ensemble de l’appareil locomoteur, comme l’ont quantifié Proske et al. (2017) après 140 jours de suivi. Les chevaux ferrés présentent notamment une atrophie relative des tissus mous, avec un coussinet plantaire plus mince que celui des chevaux pieds nus. Ce phénomène suggère qu’une structure amortissante moins sollicitée par l’expansion naturelle du pied perd progressivement en volume et en efficacité. Parallèlement, si l’étude note des foulées légèrement plus longues chez les chevaux ferrés, elle relève également un élargissement des articulations du carpe.

Ce dernier point est crucial : en médecine vétérinaire, une articulation qui « s’élargit » est souvent le signe d’une inflammation chronique ou d’un épanchement synovial, appelé synovite. Ces résultats renforcent l’hypothèse d’un transfert de charge : lorsque le sabot, contraint par le fer, absorbe moins d’énergie, ce sont les structures supérieures comme les tendons et les articulations qui encaissent le surplus de vibrations. À terme, cette modification de la répartition des contraintes peut favoriser l’apparition de pathologies dégénératives, telles que l’arthrose ou des inflammations tendineuses chroniques.

Interprétation : Pieds nus / Pieds ferrés, “avantages et inconvénients” selon l’objectif – l’apport d’EQUISYM®

D’après les données scientifiques et cliniques disponibles, le choix de la gestion podologique doit être envisagé comme une balance entre protection et fonctionnalité naturelle.

 

Cas où le pied nu paraît favorable :

 

Cette approche permet au sabot de rester pleinement « actif ». L’expansion naturelle de la sole, une angulation physiologique et la flexibilité de la boîte cornée favorisent conjointement l’absorption des chocs, la circulation sanguine et la proprioception.

  • Pour qui ? 

Des chevaux non soumis à des contraintes extrêmes (sols mous, travail léger, loisir, pâture), les sollicitations naturelles suffisent souvent à maintenir un sabot sain, sans excès de contrainte articulaire.

 

  • Pour quel bénéfice ?

En évitant la rigidité mécanique du fer, on réduit potentiellement le stress vibratoire sur les articulations et les structures osseuses, ce qui peut préserver la longévité des membres distaux. Un parage régulier et un terrain varié sont ici les garants de la réussite.

 

Dans quels cas le ferrage peut être justifié, voire nécessaire :

 

Le ferrage devient un allié indispensable dès que l’environnement ou l’activité dépasse les capacités de régulation naturelle du pied.

  • Protection contre l’abrasion : Lorsque le cheval évolue sur des sols durs, caillouteux ou abrasifs, le fer protège la sole et la paroi contre une usure excessive, les fissures et les éclats traumatiques.
  • Optimisation du cheval de sport : Pour l’athlète sollicité intensivement, la ferrure permet de protéger et d’ajuster avec précision la surface de contact. Le choix des matériaux (acier, aluminium) et des formes permet d’optimiser la traction et de stabiliser la locomotion sur des terrains variés.
  • Outil thérapeutique : Pour les chevaux présentant des fragilités anatomiques (talons fuyants, soles fines, antécédents de pathologies), le ferrage, associé à un parage orthopédique, devient un véritable outil de soin et de prévention.

L’apport d’EQUISYM® et des outils de locomotion

 

Face à la complexité des modifications induites par le ferrage ou le parage, l’œil humain, même expert, peut atteindre ses limites pour percevoir de micro-variations de la foulée. C’est dans ce contexte que se sont développés des outils de mesure objective de la locomotion, permettant de quantifier le mouvement grâce à des technologies de pointe. 

Le système EQUISYM® s’inscrit dans cette démarche en permettant d’évaluer précisément la symétrie et la régularité du cheval au travail. Cet outil permet une mesure objective de la locomotion équine grâce à des capteurs placés sur le cheval. Il permet notamment de mettre en évidence des asymétries de mouvement qui pourraient passer inaperçues lors d’un examen classique, offrant ainsi une base de réflexion précieuse pour adapter le parage ou le choix d’une ferrure. Pour un cheval présentant un défaut anatomique, le ferrage peut aider à corriger ou compenser ce problème.

pour en savoir plus sur EQUISYM®

Quelles sont les limites des connaissances actuelles ?

De nombreuses études présentent des tailles d’échantillon faibles, comme certaines études cinématiques portant sur un seul cheval ou seulement quatre essais, ce qui rend difficile la généralisation des résultats à toutes les races, morphologies et disciplines. 

De plus, elles se limitent souvent à l’observation de la locomotion à une allure lente, comme le pas ou le trot lent, et sur de courtes périodes, offrant peu de données longitudinales sur plusieurs années comparant les chevaux pieds nus et ferrés en conditions réelles d’utilisation variée. 

Les modélisations, telles que l’analyse par éléments finis, ne prennent généralement pas en compte les tissus mous du sabot qui jouent un rôle essentiel dans l’absorption des chocs ; les contraintes osseuses isolées restent informatives mais ne reflètent pas toute la réalité.

Enfin, il existe peu de publications cliniques robustes permettant d’évaluer à long terme l’impact sur la santé des articulations, des tendons ou le risque de pathologies telles que l’arthrose, le syndrome naviculaire ou les laminites.

Vers de nouvelles alternatives : l’approche Blue Shoes

Comme nous l’avons vu, le principal défi du ferrage traditionnel réside dans sa rigidité, qui peut contraindre la cornée et limiter ses fonctions d’amortissement naturelles. C’est pour répondre à cet enjeu, et dans une volonté de complémentarité avec les outils d’analyse comme EQUISYM®, que nous introduisons Blue Shoes.

L’objectif de Blue Shoes est de proposer une alternative hybride sur mesure qui répond aux besoins du cheval en conciliant les avantages du pied nu et la protection nécessaire au cheval de sport :

  • Flexibilité biomécanique : Contrairement au fer en acier rigide, ces solutions utilisent des matériaux polymères avancés qui permettent au sabot de conserver sa mobilité transversale et verticale. On retrouve ici l’esprit des « fers à pince-fendue » évoqués précédemment, visant à ne pas bloquer l’expansion des talons.

  • Réduction des vibrations : En agissant comme une interface amortissante, ces ferrures modernes aident à dissiper l’énergie de l’impact, limitant ainsi le transfert de chocs vers les articulations supérieures (boulet, carpe) et les tissus mous, un point crucial pour prévenir les pathologies chroniques.

  • Accompagnement de la transition : Ces technologies offrent une solution de choix pour les chevaux en transition vers le pied nu ou pour ceux dont la sole nécessite une protection sans pour autant sacrifier la stimulation du mécanisme de pompe plantaire.

En intégrant ces innovations dans la gestion podologique, le cavalier et le maréchal disposent d’un levier supplémentaire pour respecter la physiologie du pied tout en répondant aux exigences de performance sur sols techniques.

Conclusion : 

Finalement, il n’y a pas de bonne réponse universelle, comme souvent, l’essentiel est de trouver un équilibre. Le choix entre pieds nus et pieds ferrés ne se réduit pas à un dogme (« pieds nus = bien / fers = mal »), mais doit être une décision raisonnée et individualisée, fondée sur l’évaluation de l’animal, de son environnement, de sa discipline et de ses antécédents.
Si le choix est fait de garder le cheval pieds nus, un parage régulier, adapté est indispensable. Il ne s’agit pas simplement de retirer les fers, mais de maintenir une morphologie saine, avec des angles corrects, un talon fonctionnel, une fourchette active.  


Les données scientifiques montrent clairement que le ferrage modifie la morphologie du sabot – souvent en réduisant sa capacité naturelle d’expansion et d’usure – et altère la dynamique des forces exercées sur le pied et ses structures internes. Mais elles ne permettent pas de dire qu’être pieds nus est systématiquement “meilleur” dans tous les cas.

C’est plutôt un compromis, avec des avantages et des inconvénients selon le contexte. Une gestion adaptée (parage, choix de fer, fréquence, terrain) et un suivi vétérinaire / podologique régulier sont essentiels pour optimiser le bien-être et la longévité du cheval

Bibliographie : 

  • Brunsting J, Dumoulin M, Oosterlinck M, Haspeslagh M, Lefère L, Pille F. Can the hoof be shod without limiting the heel movement? A comparative study between barefoot, shoeing with conventional shoes and a split-toe shoe. Vet J. 2019 Apr;246:7-11. doi: 10.1016/j.tvjl.2019.01.012. Epub 2019 Feb 1. PMID: 30902192.
  • Chateau H., Degueurce C., Denoix J.-M. Influence de la nature du sol et de la ferrure sur la biomécanique des articulations digitales. UMR INRA-ENVA de Biomécanique et Pathologie Locomotrice du Cheval Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort. 2005. https://mediatheque.ifce.fr/doc_num.php?explnum_id=22652
  • Gottleib, K.; Trager-Burns, L.; Santonastaso, A.; Bogers, S.; Werre, S.; Burns, T.; Byron, C. Comparison of Gait Characteristics for Horses Without Shoes, with Steel Shoes, and with Aluminum Shoes. Animals 2025, 15, 2376. https://doi.org/10.3390/ani15162376
  • Malone, S.R.; Davies, H.M.S. Changes in Hoof Shape During a Seven-Week Period When Horses Were Shod Versus Barefoot. Animals 2019, 9, 1017. https://doi.org/10.3390/ani9121017
  • Panagiotopoulou O, Rankin JW, Gatesy SM, Hutchinson JR. 2016. A preliminary case study of the effect of shoe-wearing on the biomechanics of a horse’s foot. PeerJ 4:e2164 https://doi.org/10.7717/peerj.2164
  • PROSKE, D.K.; LEATHERWOOD, J.L.; STUTTS, K.J. et al. Effects of barefoot trimming and shoeing on the joints of the lower forelimb and hoof morphology of mature horses. Prod. Anim. Sci., v.33, p.483-489, 2017. https://doi.org/10.15232/pas.2016-01592

  • Pujol, Raymond. Étude bibliographique et expérimentale de l’effet de l’amortissement des fers sur la locomotion et la prévention des affections locomotrices chez le cheval de sport. Thèse d’exercice, Médecine vétérinaire, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse – ENVT, 2016, 103 p